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Les studios de Joinville et Bry

1939 marque la faillite de l’entreprise Natan. Elle est reprise par le financier Fournier en 1943 et devient la « Société Nouvelle Pathé Cinéma ». En septembre 1939 l’infanterie française bivouaque dans les studios. En février 1940, c’est le drame : un gigantesque incendie ravage six des sept plateaux de Cinéromans à Joinville. Il ne resta plus qu’un seul plateau ainsi qu’un vaste local qui permettront de tourner quelques films. La reconstruction d’un second plateau aura lieu en 1940. Les studios de Joinville se trouvèrent ainsi réduits à deux sur les sept. En plus il restait la centrale électrique puissante, les ateliers de peinture, de staff, de sculpture, de mécanique, de menuiserie et les magasins de décors, de mobilier, de costumes… Paradoxalement, cet incendie eut pour conséquence un désintéressement de l’armée allemande pour les studios des Joinville et une certaine indépendance des réalisateurs vis-à-vis de l’occupant. 220 films furent tournés à Joinville durant ces quatre ans. C’est l’époque des grands films de Marcel Carné : « Les Enfants du Paradis », « Les Portes de la Nuit », « Quai des Brumes », « Les Visiteurs du Soir »... Henri Georges Clouzot tourne « Le corbeau » en 1943 avec Ginette Leclerc et Pierre Fresnay.

En 1945, l’entreprise Thomson achète la guinguette "Elysée Palace", y installe un laboratoire de traitement Thomsoncolor où sont produits « Jour de Fête » et « Les Vacances de Monsieur Hulot » de Jacques Tati. Ce site devient par la suite le laboratoire pharmaceutique Stallergène. Cet environnement de laboratoires et de technologie avancée fut propice au renouveau des « Studios de Joinville ». Cependant le déclin des studios français amorcé est inéluctable. Pour lutter, les sociétés Gaumont et Société Nouvelle Pathé Cinéma s’associent en 1947 et créent deux filiales distinctes : « Franstudio" (qui regroupent les studios de Joinville, Saint-Maurice, Francoeur et Pagnol) et les « Laboratoires GTC ».

Les studios sont modernisés, le département « son » est équipé du matériel le plus moderne de l’époque. En 1955, Marc Allegret tourne à Joinville « Futures Vedettes », le premier film de Brigitte Bardot. L’O.R.T.F puis la S.F.P. deviennent les locataires des Studios de Joinville. Vers 1956, Technicolor s’installe pendant quelques années sur le site actuellement occupé par GTC (quai Gabriel Péri) pour tirer les films Hollywood en couleurs. Un grand nombre des chefs d’œuvre d’après guerre y sont tournés : « La belle et la Bête » de Jean Cocteau et, « Le Rouge et le Noir » de Claude AUTANT-LARA ainsi que « En cas de Malheur » de Claude Autant-Lara, « Casque d’or » de Jacques Becker, « French Cancan » de Jean Renoir, « Lola Montes » de Max Ophuls, « Les Amants » de Louis Male, « Quai des Orfèvres », « Les Diaboliques » de Henri Georges Clouzot et « Belles de Nuit » de René Clair, etc.

En 1947, un troisième plateau est construit à Joinville. A partir de la fin des années 1950, les réalisateurs de la « nouvelle vague » les désertent au profit du tournage en décor réel. Les nouvelles pellicules Eastmancolor, beaucoup plus sensibles (et permettant des tirages couleur négatif-positif de grande qualité), simplifient les tournages en extérieur.

Les années 1960 voient les tournages se raréfier. La télévision (ORTF) vient à son tour tourner dans les studios. La Société Française de Production (SFP) s’installe à Joinville en 1961. Elle est locataire des studios et du terrain.

En 1978 c’est la construction du Studio 2000 à Bry-sur-Marne, le plus grand studio d’Europe à l’époque. En juillet 1987, la SFP déménage dans ses nouveaux studios de Bry-sur-Marne. Ce site dispose de 8 plateaux allant de 290 m² à 1 085 m² et 1 500 m² de décors extérieurs. Les Studios de Bry-sur-Marne offrent un lieu de travail fonctionnel et opérationnel unique, grâce à l’intégration de l’ensemble des compétences et des structures nécessaires à l’élaboration d’un tournage : post-production, décoration, lumière, matériels de fiction, espace de stockage des décors (5 000 m²), loges, bureaux, parking, restaurant, bar… sont les nombreux services qui composent cette chaîne de fabrication.

En 1987, Robert Enrico met en scène le dernier film tourné dans les studios de Joinville « La révolution française » ; film en deux épisodes : « Les années lumières » réalisé par Robert ENRICO et « Les années terribles » réalisé par Richard HEFFRON . Les studios « Cinéromans » sont démolis le 31 Juillet 1989 et remplacés par des immeubles d’habitation. Au fil des années, l’activité de la Société nouvelle connaîtra de nombreux changements dont la production de programmes pour l’industrie florissante de la télévision. Pendant les années 1970, l’exploitation des salles de cinéma remplace la production de films en tant que principale source de revenus. La société tombe sous le contrôle de Giancarlo Paretti et Max Théret ; elle est renommée Pathé Communications Corporation (PCC). En 1990, le groupe Chargeurs, dirigé par Jérôme Seydoux, prend le contrôle de la société. La société de production, de distribution et d’exploitation reprend le nom du créateur d’origine « Pathé », son siège social est maintenant à Paris dans le 8ème arrondissement.

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SFP

Les années 1980 voient la renaissance de la filière image : Bry-sur-Marne avec la SFP et l’implantation de l’Institut national de l’Audiovisuel, Joinville-le-Pont avec les auditoriums et les laboratoires GTC relancent la filière. De nombreuses entreprises, des prestataires s’installent à nouveau sur le territoire, elles n’ont cessé de se développer depuis.

Aujourd’hui, le secteur du cinéma est en pleine reconversion. GTC a été rachetée par Eclair Group. Le site « Pathé Eifffel » de Joinville, chargé d’histoire, se projette vers l’avenir en s’orientant vers le numérique. Les activités se sont diversifiées et une quinzaine de sociétés liées à l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel sont regroupées. Elles comptent 250 salariés permanents pour un chiffre d’affaires dépassant les 30 millions d’euros. Outre GTC, on compte les Auditorium de Joinville-le-Pont, des sociétés de productions (Aliceleo, Ciné-Boissière, Cinéfacto) la société Titra (spécialisée dans le sous-titrage au laser), l’Est (spécialisée dans l’image de synthèse et le trucage) et d’autres entreprises comme Polyson, White Bird, les Films de la Boissière. L’objectif est d’attirer des sociétés de production pour que quasiment toute la chaîne du cinéma soit représentée. Quant aux bâtiments qui datent de 1903 - 1904, ils sont sous le contrôle d’une SCI qui a entrepris leur réhabilitation. Derrière des murs d’époque qui seront conservés, sont aujourd’hui abrités des bureaux et des ateliers spacieux, modernes. L’un des bâtiments devrait retrouver l’aspect d’antan pour devenir « la mémoire » des lieux. Quant à la célèbre cheminée, elle se dressera à jamais dans le ciel joinvillais.

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Le site de Joinville

Remerciements à René Dennilauler, Adjoint au Maire de Joinville-le-Pont


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